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En cette veille de vacances, je vais vous entretenir de quelque chose de “léger”... Je parle, bien sûr, non pas du sujet de mon article mais de la gestion de la Société des Transports en Commun Bruxellois. Car, déjà que les horaires affichés des véhicules de la  STIB s'apparentent plus à des horoscopes qu'à autre chose (“C'est écrit, on croit que cela va arriver et... cela n'arrive que très rarement comme annoncé !”), cela va de mal en pis, et ce, bien qu'une proportion importante (260 millions d'euros pour 2012) du budget de la Région bruxelloise soit consacrée aux transports de notre capitale.


Quand j'étais jeune et beau (c'est-à-dire “il y a longtemps” !), se déplacer en tram, en bus ou en trolleybus était un plaisir : il y en avait à suffisance, le client était roi, le personnel en costume impeccable avec képi et le folklore y régnant mettait de l'ambiance. On se rappelle, avec nostalgie, de ces conducteurs, aux accents repris en chœur par les passagers, qui - afin de faire réembrancher la tige reliant la voiture à la ligne à haute tension - criaient au wattman “Jef, de flèche ess aff !”... celui-ci - qui généralement n'en était pas une et dont les professeurs avaient très justement prédits “Tu perceras dans la vie... les cartes de tram !” - descendait alors pour s'essayer à cette fonction hautement technique. C'est vrai ! On était mal assis, c'était souvent bondé (cela, ça n'a pas changé) mais le réseau était dense, on pouvait traverser la ville d'une seule traite, les enfants et gens en uniforme se devaient de céder leur place et les “mamans” avec poussette étaient priées de prendre leurs enfants sur les genoux et de replier celle-ci pour ne pas gêner le autres passage. C'était le temps où “Bruxelles bruxellait” !


Et puis, peu à peu, cela a commencé à dérailler. On se souvient de ces nouveaux trams 2000 mis en service sur l'avenue Louise où il fallut changer la distance entre tous les rails car la “centrale d'achats” n'avait point songé à la largeur des engins et ceux-ci, une fois mis en service, ne pouvaient se croiser. Il y eut aussi l'acquisition des bus articulés, dont l'arrière se déporte à la moindre chute de neige (encore aujourd'hui, il ne peuvent circuler par ce temps), et la construction de ce hangar pour autobus... dont les linteaux de garage étaient trop bas pour permettre au moindre véhicule de rentrer. Cela restait encore de l'ordre de l'anecdote folklorique même si cette pinte de rire commençait à revenir cher au contribuable !


Vint ensuite l'inénarrable Pascal Smets, ministre régional sp.a, qui - ayant peut-être des actions dans une usine de peinture - décida que le “jaune et bleu” ne seyait pas au parc de la STIB et fit repeindre tout celui-ci en gris. Sans compter que cela nécessita aussi le remplacement de tous les formulaires administratifs et poches protectrices d'abonnements, cette petite folie a coûté quelque trois millions d'Euros, à raison de 6.000 € par bus et 8.000 € par tram. Certes ! Ses collègues de la capitale wallonne lui avaient dit que, chez eux, les “escargots” se nommaient des “petits gris” et qu'on n'en avait jamais découvert en jaune et bleu mais quand même... d'autant que les autobus étaient devenus quasi silencieux, ce n'était pas une raison pour faire fi des protestations des associations de mal-voyants. (Restant sur ses positions, quinze jours après il estimait cependant que les taxis “n'étaient pas assez visibles” et se proposait à les faire tous repeindre en jaune.) Pire ! Dans le cadre de ses fonctions, pour “améliorer la mobilité” (sic !), il imposa la “rupture de charge”, méthode qui consiste à obliger l'usager (“La vache à traire” comme l'a très élégamment qualifié un haut responsable - toujours en place - de cette société !) à changer trois ou quatre fois de véhicule, avec une attente plus ou moins longue entre chacun, pour effectuer le même trajet qu'il faisait auparavant sans devoir bouger. Après les mal-voyants, c'était donc les personnes âgées qui étaient sa cible et, pour bien le prouver, il fit supprimer tous les boutons de demande d'arrêt qui n'étaient pas situés aux alentours immédiats des portes et fit installer des freins plus puissants aux bus... au point que, aujourd'hui, même les jeunes doivent s'accrocher sous peine de chuter au moindre freinage.


Comme il ne me reste que peu de place, je ne vous parlerai pas de ces ascenseurs construits à grands frais dans le métro - soi-disant pour les handicapés - dont la plupart ne vont que du quai aux mezzanines et n'atteignent pas le “niveau rue”, ni même de cette “carte MOBIB” qui se démagnétise toute seule régulièrement (ce qui oblige le détenteur, pendant les heures ouvrables, à payer un ticket à tarif plein pour rejoindre l'un des six seuls endroits où cela peut s'effectuer et à faire la file pendant parfois une demi journée pour la faire remplacer) et dont les appareils de contrôle sont également régulièrement en panne (ce qui oblige les conducteurs, quand ils sont aimables, à le signaler à chaque client qui essaye de pointer). Je vous dirai simplement qu'avec la nouvelle ministre (Brigitte Grouwels - CD&V), rien n'a changé et la gabegie est toujours à son comble. Ainsi, comme vous l'aurez remarqué depuis environ deux mois, de nombreux bus n'affichent plus sur leur “fronton” l'inscription lumineuse indiquant le numéro du bus et sa destination. Leurs conducteurs sont ainsi obligés, à chaque arrêt, d'annoncer leur destination ou - Pour les plus futés ! - à écrire ce chiffre sur un carré de papier, de 20cm sur 20, qu'ils affichent sur leur pare-brise. Renseignements pris, il s'agirait d'un défaut dans un nouveau service informatique mis en place sur l'ensemble du réseau, problème qui ne peut être résolu rapidement car les techniciens et la société responsables de cette “innovation” sont basés... à l'étranger !


En conclusion, il nous faut nous demander si ceux qui décident des achats pour la STIB sont particulièrement incapables ou si des “commissions” les incitent à acheter n'importe quoi les yeux fermés !? Un “petit nettoyage” chez ces gens-là ne serait-il pas nécessaire ?


Pol Hémickh     (juin 2013)


P.S. Nos confrères de la presse subventionnée “n'empruntant jamais les transports en commun”, il est “logique” qu'ils n'aient jamais remarqué les “fautes de gestion” d'une société vivant aux frais du contribuable... et dont le conseil d'administration est aux mains de leurs amis politiques!  


“JEF, DE FLECHE EES AF”!


Par Pol Hémickh